Débuter

Que faire après l’examen ?

Même si la tentation d’émettre immédiatement après l’examen est très forte, il est nécessaire de préparer votre arrivée sur l’air afin de bien vous intégrer. Nous allons partir du principe que vous possédez déjà le matériel d’émission conforme à la réglementation et que vous connaissez celle-ci sur le bout des doigts (logique puisque vous avez passé un examen qui vérifiait justement vos connaissances). Si ce n’est pas le cas et que vous souhaitez en savoir plus sur les radioamateurs, suivez ce lien. Une chose à laquelle l’examen radioamateur ne vous prépare plus c’est la pratique sur l’air. Même si vous avez l’expérience de l’écoute des bandes amateurs, il y a quelques recommandations à respecter en émission.

John Devoldere, ON4UN et Mark Deme Uleneere, ON4WW avec l’aide de Gaston Bertels, ON4WF, Jacques Culot, ON5MJ, Mau Martin, F8BPN et Jean Raynaud, F8RZ ont rédigé un mémo « L’éthique et les procédures opérationnelles du radioamateur ». Je vous invite à le découvrir en cliquant sur ce lien.

Le texte d’initiation qui suit a été rédigé par Alain Noêl (F5CTB) et Jacques Assaël (F5YW). Je l’ai adapté en supprimant quelques passages qui ne sont plus d’actualité. Vous y trouverez des liens en hypertexte (en bleu), n’hésitez pas à les consulter pour approfondir votre information.

Le premier contact

Ça y est, vous avez enfin votre certificat d’opérateur !
II va falloir vous jeter à l’eau ; c’est-à-dire passer en émission et lancer un appel ou répondre à celui d’un OM. Vous êtes un novice, peut être venu au radio-amateurisme par le biais de la CB ou par intérêt technique. Il vous faut donc acquérir l’expérience du trafic radioamateur ce qu’aucun livre ne vous donnera. Vous écoutez peut être depuis longtemps les bandes radioamateurs, VHF ou décamétriques, peut être découvrez vous ces fréquences. Il va vous falloir éviter de grosses erreurs en vous initiant aux bases de ce trafic. Cet article va vous aider mais ne remplacera pas des heures d’écoute. Il ne faut pas s’inquiéter, au début on cherche ses mots et les « anciens » vous le pardonneront. On acquière l’aisance de trafic petit à petit. L’émission d’amateur est d’ailleurs un moyen d’apprendre à s’exprimer en public, même si ce public est éloigné et invisible. Il est préférable de s’immerger petit à petit et d’éviter de bruler les étapes, surtout si on a pratiqué pendant longtemps le trafic CB, ce qui d’ailleurs n’est pas en soi une mauvaise chose.

Rappelons ce qu’est le radio-amateurisme
Le radioamateur expérimente avec ses moyens et ses connaissances les techniques de la radio, de l’électronique, de l’informatique, etc. Il communique avec d’autres radioamateurs du monde entier et c’est l’occasion d’expérimenter le matériel, les conditions de propagation. Les techniques utilisées sont si vastes qu’il est impossible pour un individu de toutes les maitriser, c’est ce qui fait la richesse du radio-amateurisme. Le radioamateur s’instruit et il fait profiter les autres et la collectivité de ses connaissances et de ses découvertes. Il a le privilège de pouvoir construire tout ou partie de son matériel et c’est là un des fondements de son activité. C’est ainsi que sont nées de nombreuses vocations dans les domaines techniques de la radio et des télécommunications. Le radioamateur est prêt à mettre au service de la collectivité ses compétences dans des circonstances exceptionnelles comme les catastrophes naturelles ou accidents particuliers. Par ailleurs, le radioamateur respecte la loi et la réglementation des communications et en toutes circonstances il reste courtois, cordial, serviable et amical.

Le trafic
Les activités radioamateur sont diverses. Elles sont souvent très techniques mais aussi très conviviales. L’émission d’amateur ne peut se faire qu’après un examen ce qui permet d’une certaine façon d’éviter certains abus, par l’apprentissage de certaines règles de vie. Ces règles sont administratives mais aussi définies par la bonne conduite. Par ailleurs, le radioamateur ne peut se dissimuler derrière l’anonymat de son microphone ou d’un pseudonyme plus ou moins imaginatif.

Le vocabulaire
Le vocabulaire utilisé par les radioamateurs repose parfois sur un code, le code « Q », et des abréviations créées autrefois pour faciliter le trafic en télégraphie ou code Morse. Cela permettait d’augmenter la rapidité du trafic ; il est en effet plus rapide de manipuler QRZ au lieu de : Par qui suis-je appelé ?. Les radioamateurs ont rapidement adopté ces codes (qui ne représentent en fait que 20 % des groupes utilisés) et ils leur ont ajouté des groupes spécifiques de convivialité et internationaux comme GM pour good morning ou TX pour émetteur. À l’apparition de la téléphonie, certaines abréviations ont été conservées et utilisées. Elles facilitent le trafic international, mais elles ont aussi été déformées et ont perdu la signification originale. Ainsi le « QRA » est devenu l’environnement familial (la maison) au lieu de : Quel est le nom de votre station ?. En toute rigueur, il n’y a aucune raison d’utiliser en téléphonie ces abréviations.

Les cibistes ont adoptés également ces abréviations, cela était naturel. Mais, ils ont exagéré dans une large mesure la signification de ces abréviations et parfois ont totalement détourné leur utilisation. Cela conduit souvent à des dialogues très imagés qui, pour le commun des mortels, n’ont aucune signification et qui, pour le radioamateur, sont pour le moins originaux, notons au passage que certains OM apprécient aussi ce jargon « d’initiés » et qu’ils pourraient s’interroger sur son utilisation. Par exemple, n’est-il pas plus élégant et plus bref de dire : Je suis chez moi mais je vais prendre ma voiture pour aller travailler, que de dire : Je suis au QRA mais je vais prendre mon push-pull à roulettes pour faire QSY au QRM pro.

Comparons quelques expressions et voyons leur signification :

Ne dites pas : Tu as une bonne radio de 5, mais plutôt vous êtes R5 ou à la rigueur QSA 5. R ne doit pas être compris comme radio mais readibility. Le code RST, utilisé pour définir la qualité d’un signal vient de Readibility, Strong et Tune. Utilisé pour la télégraphie, II est admis pour la téléphonie que les deux premiers chiffres indiquent d’une part la lisibilité du signal (de 1 à 5) et d’autre part sa puissance (de 1 à 9). Les puristes diront que la puissance doit être définie par une indication précise du signal d’entrée, mais on prendra pour coutume de dire que son indication varie de 1 à 9.

On ne dira donc pas non plus : Je te reçois Santiago 6 mais vous êtes 56 ou bien votre report est de 56. À la rigueur,  votre QRK est de 6. Remarque importante, un signal de RS 51 est plus faible qu’un signal RS 19 mais plus compréhensible. Autre remarque. S’il est d’usage de tutoyer son correspondant en CB, même s’il s’agit d’un premier contact, cela n’est pas toujours apprécié par les radioamateurs.
Ne dites pas Retour de micro, mais plutôt Je vous repasse la parole ou le micro. Évitez les à toi, Machin pour truc ou A pour B. Les procédures internationales sont claires : Lorsque A appelle B il doit dire B, ici A ou mieux encore, B, ici A qui vous appelle et repasse à l’écoute, éventuellement dans la langue du correspondant.

Évitez le : Quel est ton QRZ ?. Le radioamateur a un indicatif (en anglais un call). Dites plutôt : Quel est votre indicatif ?

Et pour faire rapide, dites :
Mon prénom est truc plutôt que Ici l’opérateur truc.
Je vous reçois bien plutôt que Je te copie bien.
Je n’ai pas compris au lieu de J’ai pas eu QSL.
Je reste à l’écoute au lieu de Je reste en RX.
Vous avez transmis en même temps que B au lieu de  Tu as surmodulé machin.
Mes amitiés au lieu de Tous mes chiffres.

Sur ce dernier point, notons que les radioamateurs utilisent parfois 73 ou 88 comme expression, survivance des groupes utilisés du temps des télégraphes Chappe, mais que 51 n’existe pas et que ces expressions sont assez folkloriques. Tout comme l’´appel en fréquence, le mike, les mobiles arrêtés et les mobiles pédestres mais ces deux derniers sont assez anodins. Des mots sont détournés : Bonjour la station veut-il dire que vous dites bonjour au matériel de votre correspondant ? Dites simplement Bonjour F5REF ou Bonjour Jean-Marie.

Ayez également des principes de bonne conduite. Si vous lancez un appel général, vous devez répondre à quiconque vous répond. Et même si votre appel est précisé envers un indicatif et qu’en l’absence de ce correspondant quelqu’un vous répond, ne le renvoyez pas, répondez-lui courtoisement en précisant cependant votre attente.

Les plans de bandes
Vous avez remarqué en faisant de l’écoute, et nous n’en faisons souvent pas assez, que le trafic radioamateur se singularise sur certaines portions de bandes. Des fréquences sont attribuées pour certains modes d’émission comme le PSK31, la SSTV, les relais et des bandes de fréquences sont occupées par des émissions uniquement de type télétype ou télégraphie. Cela résulte des plans de bandes, souvent définis internationalement et que chacun se doit de respecter.
N’émettez jamais en phonie entre 14.000 et 14.080 MHz, non seulement personne ne vous répondra longuement mais vous risquez un rappel à la convenance assez sévère. N’émettez jamais sur les bandes réservées aux balises, des récepteurs automatiques les contrôlent. Ne continuez pas un contact sur une fréquence dite d’appel, comme le 144.050 ou 144.300 MHz. Après vous être assuré qu’elle était libre, poursuivez votre contact sur une nouvelle fréquence (ce qu’on appelle faire QSY).
Informez-vous auprès de vos OM voisins et amis ou dans les publications du REF de ces plans de bandes. Vous constaterez également que traditionnellement, mais aussi réglementairement, des bandes sont spécifiques à des zones géographiques et permettent de contacter des pays spécifiques.
Lors de concours ou « contest », des bandes sont précisées pour être utilisées à cette occasion. Évitez de trafiquer sur celles-ci, comme ne faites pas d’appel pour ce concours en dehors de cette bande.

En résumé, respectez la réglementation, les prescriptions émises par les associations et les règles de savoir-vivre ou de bonne conduite, et vous constaterez que votre immersion ne sera pas une noyade. Et maintenant à vous de jouer… Bon trafic !

Article rédigé par Alain Noël (F5CTB) d’après un texte de Jacques Assaël (F5YW) librement adapté par F4DBD.